En quoi le Québec veut-il punir les chiens et non les maîtres?


Si vous n'êtes pas au courant des mesures envisagées par le gouvernement provincial concernant les chiens, il est important que vous preniez connaissance du projet de loi 128! Si une telle loi vient à être appliquée partout au Québec, de grands dégâts se feront ressentir auprès des abandons et des euthanasies.

Ce projet de loi, en plus d'encadrer l'ensemble de la population canine, vise à bannir certaines races et leurs (possibles) croisements en autorisant l'ajout de nouvelles dans le futur. Si aujourd'hui seules quatre sont visées, combien le seront à l'avenir? Quel sera le prochain type de chien à faire la une des journaux à cause d'une attaque?

Pourtant, aucune étude scientifique ne prouve que le fait de bannir certains chiens protège la population. L'Italie, par exemple, a banni presque 100 races canines, et ce fût un échec. L'Ontario, de son côté, a focussé sur quelques races, et pourtant le nombre de morsures a augmenté dans la province depuis cela.

La ville de Calgary, en Alberta, est par exemple un modèle à suivre. Instaurant notamment un programme de prévention contre les morsures et mettant à la disposition des séances de dressage gratuites, les résultats ont été très concluants. En encadrant et responsabilisant les familles vivant avec des chiens, ainsi que la population, les effets sont positifs pour tous. Cela est bien moins coûteux et plus efficace que le bannissement de certaines races comme l’envisage le Québec.

Notre province préfère donc punir les chiens et donner des sentences plutôt que de faire de la prévention contre les morsures auprès des citoyens, une situation qui déplaît aux experts du domaine animalier. Plusieurs organismes, refuges et associations se sont notamment unis au cœur de l'Action Sécu-Québec afin de manifester leur opposition à ces mesures.

Il est non négligeable que la moyenne des morsures au Québec est de 450 cas par jour, incluant des blessures de diverses ampleurs. Responsabiliser et aider les propriétaires de chiens permettrait donc de faire diminuer efficacement le nombre d'incidents sans pénaliser des chiens innocents pour leur apparence physique ou race.

Un encadrement des humains et des sentences sévères pour les mauvais propriétaires de chiens permettraient donc à notre province de protéger efficacement la population des morsures canines sans avoir à sanctionner les chiens, ni à placer dans des situations délicates les refuges et vétérinaires de notre province.

Le monde entier nous regarde, et nous recevons du soutien des quatre coins de la planète. Le samedi 15 juillet, des manifestations auront lieu à Montréal et à Ottawa pour souligner la journée nationale anti-LSR, et le samedi 12 août, une marche aura lieu à Québec. C'est le moment de faire entendre vos voix!