Pit Bulls: ce que les médias ne disent pas

09/08/2016

Il est très simple pour les médias de faire croire à la population qu'une catégorie de chiens est plus dangereuse que les autres. D'une part, ils répandent une grande désinformation en se fiant à l'aveugle fidélité de leurs lecteurs, et d’une autre part ils profitent de la peur qu’ils créent pour faire du profit. Voici tout ce que certains journaux ont fait circuler, mais qui est loin d’être la vérité :

 

Désinformation

 

Pour commencer, ils ne savent pas identifier correctement un « Pit Bull » et font donc passer plusieurs attaques sur le dos de ces chiens. La Montreal SPCA a récemment sorti un article mettant en avant un test d‘ADN réalisé sur un chien qui a été médiatisé en tant que « Pit Bull » alors que ses ancêtres n’ont aucun lien avec les chiens « Bull et Terriers ». Les journalistes se fient sur l’apparence alors que tous les professionnels du domaine animalier répètent sans cesse qu’on ne peut pas connaitre la génétique d’un chien juste en le regardant, cela prend un test d’ADN. Nous avons aussi souvent remarqué que des chiens de la race American Bully étaient utilisés dans les articles ; une preuve de plus qu’ils ne connaissent ni les American Pit Bull Terriers, ni les races qui en descendent.

 

 

Aussi, on peut constater qu’ils utilisent le terme « Pit Bull » comme en France ; ce qui s’avère totalement faux. Les Pit Bulls sont des chiens de la race American Pit Bull Terrier qui est d’ailleurs la seule et unique race à posséder le terme « Pit Bull » dans son nom. Tous les hybrides qui y ressemblent (et que l'on croise dans nos rues) sont en fait de « type Pit Bull » et les races qui en descendent ont elle aussi leur propre surnom (Bull Terrier pour le English Bull Terrier, Bully pour le American Bully, Amstaff pour le American Staffordshire Terrier, etc.) En conclusion, tout ce qui ressemble à un Pit Bull en est un à leurs yeux, et ils ont fait payer cette race plusieurs fois pour des chiens n’ayant aucun lien de sang avec le American Pit Bull Terrier ou les races qui en descendent.

 

Quand on lit des articles comme ceux de Lise Ravary qui posent des questions telles que « Comment peut-on vouloir chez soi un chien qui a six fois plus de chances de tuer une personne que toutes les autres races canines réunies? » on en vient à se demander d’où viennent ces informations car aucune étude fiable n’est citée suite à de telles paroles.

 

Nous aimerions également nous pencher vers les journalistes qui se fient au site «Dogsbite» en pensant que les informations qui y figurent sont réelles. Nous sommes navrés de vous apprendre que c’est seulement un site anti-Pit Bulls qui invente des faits et statistiques pour faire peur à la population. Croire un site Internet est une grande preuve de manque de professionnalisme de la part de plusieurs journalistes de « grands journaux locaux ».

 

Manipulation

 

Pourquoi tout cela? Car toute législation spécifique envers certaines races de chiens est un sujet qui permet aux journalistes de relancer un éternel débat depuis plusieurs décennies. D’ailleurs, avant ces chiens, on blâmait d’autres races comme le Rottweiler, sauf qu’il faut bien entendu varier le sujet au bout d’un moment afin de garder l’attention du public.

 

Dans ce cas précis, les médias ont propagé la peur à propos des chiens de type Pit Bull et du American Pit Bull Terrier – ce qui a entrainé l'inquiétude du public – qui a ensuite mené au bannissement de certaines races dans des municipalités locales dans le but de « rassurer la population ». En donnant raison aux journalistes de cette manière, ceux-ci peuvent alors continuer leur propagande en mettant en avant le fait que certaines places ont interdit la possession de ces chiens.

 

En ce moment plus que jamais, les journalistes s’acharnent sur les chiens de type Pit Bull depuis l’accident de Pointe-aux-Trembles, mais ils ont finalement insinué que le chien en question serait un Boxer à cause de ses papiers d’enregistrement. Ce chien était tout simplement un hybride sans race précise et pour lequel aucun résultat de test d’ADN n’a été dévoilé, et donc personne ne connaitra ses origines étant donné qu’il a été incinéré.

 

Aussi plusieurs médias en profitent pour semer d’avantage la peur. Par exemple, TVA Nouvelles enchaîne ouvertement les articles à sensation sur ces chiens : « Le pitbull qui a tué un petit chien euthanasié », « Deux chats tués par un pitbull », « Mordue par un pitbull, une quinquagénaire échappe à l’amputation », etc. Depuis juin, on voit très souvent passer des attaques de pitbulls sur des humains et animaux, sans jamais parler des autres morsures causées par les autres individus canins, ni de la moyenne de 164 000 morsures par an au Québec selon un Sondage Léger de 2010.

 

Diffamation

 

On retrouve des titres d’articles inquiétants (par exemple : « Pit Bull Terrier ou Pit Bull Terreur » de la Presse +) qui donnent une image négative du Pit Bull avant même que le lecteur n’ait commencé à lire l’article. On voit tout de suite la recherche de sensationnalisme effectuée à travers ce sujet. Aussi, les articles portant sur les attaques des autres chiens n’identifient quasiment jamais la race auxquels ils sont physiquement identifiés ; comme le diront certains « cela ne fait pas assez sensation comparé à une attaque de ‘‘Pit Bull’’ ». On voit bien que certains médias s’acharnent sur les chiens de type Pit Bull afin d’attirer l’attention du public.

 

Les familles qui possèdent ce type de chiens sont également visées par certains des articles qui insinuent que les personnes qui se procurent ces animaux ont de mauvaises intentions, ou bien qu’ils appartiennent aux gens des gangs de rues. En voici des exemples : dans « Un pitbull c’est une arme » paru dans le Journal de Montréal, le 23 septembre 2015, on peut lire que le Pit Bull est « apprécié des gangs de rue, c’est devenu le chien officiel des marginaux criminels. » et dans un article de Yves Boisvert de La Presse on lit que « ces bêtes sont tout simplement un problème de sécurité publique dans les villes. Et même quand elles ne mordent pas, elles stressent les humains - ce qui est un des nombreux plaisirs subtils qui viennent avec la possession d'un pitbull. »

 

Mensonges

 

Selon Lise Ravary, « ces terroristes à quatre pattes, que plusieurs jurent être très gentils, constituent une menace pour la vie humaine et animale. On ne compte plus les attaques mortelles contre des humains et d’autres animaux de compagnie. » Le Journal de Québec a également fait allusion à une statistique sans source dans l’article « Encore une histoire de pitbull » : « Entre 1981 et 2013, 1777 personnes ont été tuées ou blessées par un pitbull au Canada et aux États-Unis. » Pourtant depuis les années 60 on ne compte aucune attaque mortelle causée par un Pit Bull au Canada, ni au Québec, selon le National Canine Research Council. Même la récente tragédie de Pointe-aux-Trembles n’a pas été causée par un Pit Bull, sinon les papiers du United Kennel Club ou du American Dog Breeders Association (qui authentifient la race des American Pit Bull Terriers) seraient vite sortis et le propriétaire n’aurait pas pu enregistrer son chien sous le titre de « Boxer » auprès de la ville.

 

Beaucoup de mythes courent sur les Pit Bulls mais des études ont contredit la plupart d’entre eux. Pourtant, on continue de voir des articles propager qu’ils sont vrais. Voici notamment les études qui démontrent la fausseté de ceux-ci :

-« La mâchoire des Pit Bull bloque » a été démystifié par le Docteur I. Lehr Brisbon de l’université de Géorgie.

-« La force de pression de la mâchoire des Pit Bulls dépasse les 1 000 livres PSI» a été contesté par le Docteur Brady Barr de National Geographic.

-« Les Pit Bulls attaquent sans prévenir » a été contredit par The institute of Animal Welfare and Behavior of the University of Veterinary Medicine.

-« Les Pit Bulls dociles sont des exceptions à la règle » a été démystifié par The American Temperament Test Society.

-« Les morsures des Pit Bulls sont plus dangereuse que celles des autres chiens » a été contesté par l’American Veterinary Medical Association (AVMA).

 

 

Les médias attirent donc l'attention sur une catégorie de chiens, ce qui fait diminuer la vigilance du public envers les autres individus canins qui ont tout autant de chances de mordre. Leur recherche de sensationnalisme ne devrait pas mettre en danger la population québécoise, car le bannissement de certaines races ne fait que créer un faux sentiment de sécurité.

 

 

 

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